L’affrontement judiciaire entre le journaliste Gauthier Sey Tshiang et le deuxième vice-président du Sénat, l’homme d’affaires et opérateur politique Modeste Bahati Lukwebo, connaît un nouveau tournant. Après une période d’accalmie apparente, l’affaire refait surface devant la justice congolaise, cette fois-ci au niveau du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, dans une procédure d’appel au second degré.
D’après une notification judiciaire datée du 3 juin 2025, les deux parties ont chacun interjeté appel contre les jugements précédents rendus par le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe en mars dernier.
Le journaliste Gauthier Sey a saisi la justice le 21 mars 2025 pour contester le verdict du 18 mars, par l’entremise de son avocat Me Benedict Mutshima Muamba, qui agit en vertu d’une procuration spéciale.
De son côté, le professeur Modeste Bahati Lukwebo, resté jusque-là discret sur cette affaire, a également décidé de faire appel le 8 mai 2025, représenté par Me Raoul Onokenge Ombaku, également muni d’une procuration spéciale délivrée le 3 avril 2025.
Les deux parties sont citées à comparaître le 17 juin 2025 à 9h00 devant le Tribunal de Grande Instance, siégeant en matière répressive au Palais de Justice de Kinshasa.
L’audience promet d’être tendue, car elle devra statuer sur deux appels croisés dans une affaire dont les détails exacts du litige demeurent encore peu connus du grand public.
Ce rebondissement intervient alors que Modeste Bahati Lukwebo continue d’observer un silence total sur des dossiers d’importance nationale, notamment la crise sécuritaire à l’Est du pays. Plusieurs observateurs s’interrogent sur sa position ambiguë face aux violences, déplacements massifs et à la catastrophe humanitaire provoquée par les rebelles du M23/AFC, dont l’ancien président de la République s’affiche de plus en plus comme le chef politique.
Alors que d’autres acteurs politiques prennent clairement position ou appellent à des solutions, Bahati semble concentré sur son combat judiciaire personnel, au détriment de prises de position publiques sur les événements tragiques qui secouent les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
MM
