Le tant attendu derby africain des poids lourds entre Martin Bakole et Efe Ajagba s’est conclu sur un match nul majoritaire ce samedi à l’ANB Arena de Riyad, laissant entier le suspense sur l’identité du véritable numéro 1 africain dans la catégorie reine.
Annoncé comme un affrontement crucial pour la suprématie continentale et une potentielle chance au titre mondial, le combat s’est soldé par un résultat frustrant pour les deux boxeurs. Les juges Bob Williams et Pablo Gonzalez ont chacun rendu une carte de 95-95, tandis que Kieran McCann a donné un léger avantage à Ajagba avec un 96-94.
Martin Bakole (21-2-1, 16 KO), visiblement déçu, a déclaré après le combat :
« Je pensais avoir gagné le combat, mais c’est comme ça. Je vais demander à Son Excellence si je peux avoir la revanche. »
Le boxeur congolais est entré sur le ring avec un t-shirt en hommage à George Foreman, récemment décédé, et arborait fièrement le drapeau de la République Démocratique du Congo, rappelant l’histoire mythique du “Rumble in the Jungle”.
Efe Ajagba (20-1-1, 14 KO), de son côté, a insisté sur le fait qu’il méritait la victoire :
« J’ai gagné le combat pour être honnête, mais ce n’est pas à moi de décider, c’est la décision des juges. Mais si vous me demandez, j’ai gagné. »
Sur le ring, le combat a alterné entre stratégie et puissance. Ajagba, plus mobile, a usé de sa vitesse et de son jeu de jambes pour éviter les échanges frontaux. Bakole, plus lourd de près de 27 kilos, a quant à lui imposé une pression constante, avançant sans relâche pour tenter l’arrêt.
Les rounds se sont succédé dans une opposition de styles : Ajagba prudent et précis, Bakole agressif et physique. À plusieurs reprises, le Congolais a réussi à coincer son adversaire aux cordes, notamment dans les troisième, quatrième et neuvième rounds, envoyant des crochets lourds, sans toutefois parvenir à le faire vaciller durablement.
Malgré ces moments d’intensité, le rythme général est resté mesuré. Ajagba a refusé de se laisser entraîner dans des échanges brutaux, privilégiant la mobilité et les coups isolés, ce qui a fini par irriter Bakole, qui s’est plaint à l’arbitre du manque d’engagement de son adversaire.
Le combat, bien que décevant pour ceux qui espéraient un vainqueur net, a clairement montré que ces deux hommes sont parmi les meilleurs poids lourds d’Afrique. Toutefois, leur quête de reconnaissance mondiale devra encore attendre.
Le public africain, quant à lui, reste sur sa faim, espérant une revanche à la hauteur des attentes. Et Bakole l’a dit sans détour :
« Je veux cette revanche. »
Il revient aux promoteurs et les autorités sportives de voir s’ils entendront l’appel du colosse congolais pour une seconde bataille qui, cette fois, pourrait bien couronner un véritable roi.
MM
