Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a annoncé lundi à Kinshasa la suspension, pour une durée de 90 jours, des activités médiatiques du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) ainsi que celles de son autorité morale, Joseph Kabila Kabange. Cette mesure s’applique sur toute l’étendue du territoire national.
Réuni en sa 37ᵉ session ordinaire le 2 juin 2025 dans la capitale congolaise, le Bureau du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a pris une mesure conservatoire d’envergure : la suspension pour 90 jours des activités médiatiques du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), parti politique dirigé par l’ancien Président Joseph Kabila Kabange.
Dans sa décision, le CSAC précise avoir statué « en flagrance », en se fondant sur plusieurs dispositions légales, notamment la Constitution de la République Démocratique du Congo, modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011, la loi organique n°11/001 du 10 janvier 2011 relative au CSAC, l’ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités d’exercice de la liberté de la presse, ainsi que sur le règlement intérieur de l’institution.

Le CSAC rappelle également que cette décision s’inscrit dans le prolongement de l’Arrêté ministériel n°25/CAB/VPM/MININTERSEDECCAC/SLBJ/027/2025 du 19 avril 2025, qui suspendait déjà les activités générales du PPRD, et s’appuie sur la directive n°CSAC/AP/001 du 21 août 2020 concernant les manquements des professionnels des médias et des acteurs politiques à travers les médias.
L’institution de régulation évoque aussi les rapports circonstanciels du Centre de Monitoring des Médias Congolais (CMMC), notamment celui référencé N°35/CSAC/CMMC-CAN/06/KWK/COORDO/2025 du 02/06/2025, relatif à l’arrivée de M. Joseph Kabila à Goma et aux consultations politiques engagées dans la région de l’Est.
Le CSAC justifie sa décision par le comportement des membres et cadres du PPRD, affirmant que « bien qu’étant sous suspension d’activités par le Gouvernement, les membres et cadres du PPRD ont multiplié plusieurs messages à travers les médias, lesquels messages sont susceptibles de troubler l’ordre public et briser l’unité des Congolais ainsi que la cohésion nationale ».
L’organisme pointe en outre « la participation avérée du PPRD à des actes de déstabilisation, d’incitation à la violence et de complicité active avec des mouvements terroristes responsables de massacres dans la partie Est du pays ».

Concernant Joseph Kabila Kabange, le CSAC affirme que « l’autorité morale dudit parti est identifiée par les services compétents comme le parrain idéologique et financier de l’AFC/M23, mouvement terroriste, et que ses interventions et apparitions médiatiques constituent une menace directe à la paix, à l’ordre public, à l’unité et à la cohésion nationale ».
Le CSAC considère enfin que « l’activisme des autorités du PPRD, constituant une accointance flagrante de complicité avec les rebelles et les agresseurs en violation de la Loi, fonde le CSAC à prendre une mesure conservatoire portant suspension de leurs activités ».
Dispositions arrêtées
La décision du CSAC stipule « Article 1 : Sont suspendues sur toute l’étendue du territoire national pour une durée de 90 jours à dater de sa publication, les activités médiatiques du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, en sigle.
« Article 2 : Les chaînes de télévision et de radio publiques ou privées, la presse écrite et numérique, les sites web, réseaux sociaux, applications mobiles et autres canaux de communication opérant en République Démocratique du Congo sont instruits de n’accorder l’espace ni aux membres ni aux communicateurs ou cadres du PPRD.
MM.
