Le procès dit « Kabila » devant la Haute Cour militaire ne cesse de livrer des révélations aussi spectaculaires que controversées. Depuis plusieurs jours, les avocats de la République multiplient les déclarations chocs contre l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila, allant de la contestation de son identité à l’estimation d’une fortune colossale, en passant par des accusations de trahison et même d’espionnage.
Le 21 août, Me Richard Bondo, coordonnateur de l’équipe d’avocats de l’État, a affirmé à la barre que l’ex-président disposerait d’une fortune évaluée à 32 milliards USD, soit plus que l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, considéré comme le plus riche du continent. « Cet enrichissement traduit l’ampleur du pillage au détriment de l’État et du peuple congolais », a-t-il lancé, plaidant pour un examen rigoureux de cette richesse supposée.
Mais ce n’est pas tout. Les avocats de la République ont également remis en cause la filiation même de l’ancien président. « On est allé jusqu’à créer sa mère », ont-ils déclaré, en contestant le lien de Joseph Kabila avec Maman Sifa et avec son père présumé, Laurent-Désiré Kabila. Pour eux, l’ancien chef de l’État ne serait autre qu’« Hippolyte Kanambe, Rwandais », et ne mériterait donc pas d’être jugé comme Congolais pour trahison, mais comme espion étranger.
Le procès a pris une tournure encore plus dramatique lorsque l’accusation a affirmé que les prévenus nourrissaient un projet visant le président actuel, Félix Tshisekedi. « Non, non, notre Félix ne sera pas assassiné », a martelé l’un des avocats, déclenchant une vive émotion dans la salle.
À cela s’ajoutent des révélations sur les morts controversées de certaines figures politiques. Les proches de Katumba Mwanke auraient affirmé qu’il aurait été « assassiné à Kigali », tandis que ceux de Jacques Mbadu soutiennent qu’il aurait été « tué à Kingakati ».
Dans leur plaidoirie, les avocats de la République ont demandé la requalification de l’infraction de trahison en espionnage et exigé que Joseph Kabila rembourse à l’État plus de 24 milliards USD.
Entre fortune présumée, identité contestée et accusations d’attentat contre le chef de l’État, ce procès prend des allures de véritable saga judiciaire et politique. Mais une question reste suspendue : s’agit-il d’un moment de vérité pour l’histoire congolaise ou d’une bataille politique aux conséquences incalculables ?
MM
