À Goma, la matinée a commencé dans un climat de grande incertitude. Vers 5 heures, plusieurs explosions ont secoué différents quartiers de la ville. Des habitants évoquent des détonations puissantes suivies d’un long moment de silence, puis d’une agitation inhabituelle dans certaines zones stratégiques.
Très vite, les rumeurs ont envahi les réseaux sociaux et les groupes de messagerie. Plusieurs sources locales parlent de frappes menées par drones. D’autres informations, encore difficiles à vérifier, évoquent des bombardements visant certaines résidences attribuées à l’ancien président Joseph Kabila ainsi qu’à des cadres importants de l’AFC/M23 présents dans la ville.
Dans ce climat de confusion, Corneille Nangaa, coordonateur de la rébellion a pris la parole pour livrer sa lecture de la situation. Selon lui, l’opération menée à l’aube ne ressemblait pas à une offensive militaire classique.
« Ce qui s’est passé à Goma n’était pas une simple attaque militaire. L’objectif était clair : éliminer physiquement les têtes pensantes de notre mouvement », a-t-il affirmé.
Dans son message, Nangaa cite explicitement deux cibles principales : lui-même et le général Sultani Makenga, figure militaire centrale de l’AFC/M23.
« Ils voulaient frapper le cœur du commandement, à la fois politique et militaire », a-t-il ajouté, laissant entendre qu’une opération de décapitation du mouvement aurait été tentée.
Pour l’instant, aucun bilan officiel n’a été communiqué et les autorités congolaises n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations. Sur place, la population reste attentive à l’évolution de la situation tandis que les spéculations continuent d’alimenter un climat déjà très tendu dans la capitale du Nord-Kivu.
MM
