À Kinshasa, plusieurs organisations des personnes handicapées ont pris part, samedi 7 mars, à une session de formation consacrée à l’éducation sexuelle complète, organisée dans le cadre du projet visant à favoriser des voies d’accès durables aux services d’avortement sécurisé.
Initiée par l’Association congolaise pour la libération et le développement de la maman handicapée (ACOLDEMHA), cette activité avait pour objectif de renforcer les connaissances des participants afin qu’ils puissent à leur tour sensibiliser les communautés, en particulier les femmes et les jeunes filles vivant avec handicap, sur leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive.

Selon Francky Miantuala, conseiller technique de l’organisation, cette formation s’inscrit dans un programme d’interventions communautaires destiné à réduire les avortements à risque et à améliorer l’accès aux services de santé reproductive.
« L’objectif est de permettre aux membres des organisations des personnes handicapées de comprendre les notions liées à l’éducation sexuelle complète afin qu’ils soient capables d’orienter les femmes et les jeunes filles vers les services de planification familiale et d’avortement sécurisé prévus par la loi », a-t-il expliqué.

L’adolescence et les grossesses précoces au cœur des échanges
Les discussions ont également porté sur la compréhension de l’adolescence, notamment les transformations physiques et psychologiques qui caractérisent cette période de la vie.
Pour les formateurs, ces changements peuvent parfois être mal compris par les jeunes, ce qui peut favoriser des comportements à risque, notamment les grossesses précoces et non désirées.
Francky Miantuala a rappelé que ce phénomène touche des millions d’adolescentes à travers le monde, soulignant l’importance d’un accompagnement éducatif adapté.

« Nous avons abordé les causes qui poussent certaines adolescentes à tomber enceintes précocement, les réactions qu’elles adoptent face à ces situations et les conséquences qui peuvent en découler », a-t-il indiqué.
Les participants ont également été sensibilisés aux violences basées sur le genre, à la consommation de substances psychoactives chez les adolescents, aux infections sexuellement transmissibles ainsi qu’aux droits humains liés à la santé sexuelle et reproductive.

Le protocole de Maputo expliqué aux participants
Au cours de la formation, les intervenants ont également évoqué le protocole de Maputo, un instrument juridique adopté en 2003 par l’Union africaine, qui encadre les droits reproductifs des femmes sur le continent.
Ce texte prévoit notamment que les États signataires autorisent l’avortement médicalisé lorsque la grossesse met en danger la vie ou la santé physique et mentale de la femme, ou encore dans les cas de viol, d’inceste ou de malformations fœtales graves.

Pour Francky Miantuala, ce protocole constitue une référence importante en matière de protection des droits reproductifs des femmes en Afrique.
Toutefois, il a reconnu que l’application de ces dispositions reste parfois limitée par certaines législations nationales, notamment celles qui continuent de considérer l’avortement comme une infraction pénale.
Des actions communautaires prévues dans plusieurs zones de Kinshasa
La formation s’inscrit dans le cadre du projet « Favoriser des voies d’accès durables pour l’avortement sécurisé », financé par les Affaires mondiales du Canada avec l’appui technique de l’organisation IPAS.
Dans ce programme, cinq organisations de la société civile ont été sélectionnées pour mener des interventions communautaires durant l’année 2026.
Celles-ci auront pour mission de sensibiliser les populations, d’orienter les femmes et les jeunes filles vers les services de santé reproductive et de collecter des données sur les activités réalisées.
Les actions seront déployées dans plusieurs zones de santé de Kinshasa, notamment Ngiri-Ngiri, Bumbu, Selembao et Mont-Ngafula.

À travers cette initiative, les organisateurs espèrent contribuer à une meilleure information des communautés, en particulier des personnes vivant avec handicap, souvent confrontées à des obstacles supplémentaires dans l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive.
MM.
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