L’ambiance est de plus en plus tendue au sein de la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC). La situation a pris une tournure judiciaire ce lundi, avec l’arrestation d’Angel Bamboyo, déléguée syndicale de la chaîne publique, convoquée au parquet général près la cour d’appel de Kinshasa-Gombe.
Arrivée peu après 10h du matin pour une audition selon le journaliste de la RFI Pascal Mulegwa, Angel Bamboyo a été retenue par le magistrat instructeur, qui a décidé de la placer sous mandat d’arrêt provisoire, selon des sources judiciaires.
L’affaire fait suite à une plainte déposée par la directrice générale de la RTNC, Sylvie Elenge, qui reproche à la déléguée syndicale certains actes jugés diffamatoires ou abusifs.
De son côté, le comité syndical dénonce une détention arbitraire, affirmant que Madame Bamboyo n’a fait qu’exercer son rôle syndical. Elle aurait notamment demandé des comptes sur la gestion des fonds alloués par la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi pour la réhabilitation de la polyclinique de la RTNC.
« Le magistrat a jugé bon de la placer sous mandat d’arrêt provisoire alors qu’elle n’a fait que sa mission de déléguée syndicale en cherchant à savoir la destination des fonds offerts par la Première Dame », a confié un syndicaliste sous anonymat.
L’affaire provoque une onde de choc dans le secteur médiatique public et soulève des inquiétudes sur la liberté syndicale et la transparence dans la gestion des fonds publics au sein de la RTNC. Plusieurs voix appellent à la libération immédiate d’Angel Bamboyo et à une enquête indépendante sur l’utilisation des fonds destinés à la polyclinique de l’entreprise.
En attendant, la RTNC, pilier de l’audiovisuel congolais, semble plus que jamais en proie à une crise interne aux implications judiciaires et politiques.
MM
