La Cour constitutionnelle a rendu son verdict ce mardi dans l’affaire très médiatisée du scandale de Bukanga-Lonzo, qu’elle condamnera l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo à 10 ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics.
C’est le président de la Cour, Dieudonné Kamuleta, qui a prononcé la sentence au cours de l’audience, affirmant que la haute juridiction a procédé au cumul des peines infligées à l’ancien chef du gouvernement congolais, dans deux dossiers distincts mais liés au projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo, aujourd’hui symbole d’échec et de malversations.
« Dès lors, elle procédera au cumul des peines des travaux forcés sans préjudice des restrictions légales sus évoquées. La cour condamnera le prévenu Augustin Matata Ponyo respectivement à 5 ans des travaux forcés pour le détournement commis en participation avec le prévenu Christi Grobler et 5 ans des travaux forcés pour le détournement commis en participation avec le prévenu Deogratias Mutombo », a déclaré le juge Kamuleta.
Le projet Bukanga-Lonzo, censé révolutionner le secteur agricole et assurer l’autosuffisance alimentaire en RDC, a englouti plus de 200 millions de dollars sans produire de résultats concrets, suscitant depuis des années l’indignation de l’opinion publique et des institutions de contrôle.
Matata Ponyo, longtemps protégé par son immunité parlementaire en tant que sénateur, avait fini par comparaître après plusieurs rebondissements judiciaires et politiques. Il a toujours clamé son innocence, dénonçant une « persécution politique ».
L’affaire Bukanga-Lonzo, avec cette sentence, ouvre désormais un précédent pour d’autres dossiers de détournement à grande échelle impliquant d’anciens hauts responsables de l’État.
MM
