Une vive tension sociale secoue Equity BCDC, l’une des plus importantes institutions bancaires en RDC. Dans une correspondance adressée au ministre de l’Emploi depuis le 17 juin, l’Intersyndicale d’Equity BCDC monte au créneau et dénonce ce qu’elle qualifie de « plan de licenciement maquillé », ciblant près de 460 travailleurs soupçonnés de fraude, à la suite d’une enquête initiée depuis le siège du Groupe Equity au Kenya.
Des accusations jugées arbitraires
Selon la lettre de l’intersyndicale, cette procédure disciplinaire massive serait non seulement précipitée, mais aussi arbitraire et menée en dehors des règles du dialogue social. Le syndicat affirme que ces accusations de fraude sont tombées dans un contexte déjà tendu, marqué par le non-respect du barème salarial, le blocage de la classification des emplois, et une succession d’échecs dans les discussions tripartites entre l’employeur, les syndicats et l’inspection du travail.

« Cette information s’apparente à un licenciement massif qui crée une psychose générale, impactant la productivité et la paix sociale », écrit le Banc syndical dans sa missive datée du 12 juin 2025.
Un climat social déjà fragile
Depuis la fusion entre Equity Bank Congo et la Banque Commerciale Du Congo (BCDC) en 2020, les tensions sociales se sont multipliées. En janvier 2025, les syndicats avaient déjà saisi l’Inspection générale du travail pour protester contre l’inapplication d’un protocole d’accord salarial signé le 26 novembre 2024, notamment en ce qui concerne l’alignement des salaires et la classification des emplois.

Alors que les travailleurs espéraient voir les nouveaux barèmes appliqués à compter de ce mois de juin, l’annonce de cette procédure disciplinaire à grande échelle est perçue comme une manœuvre pour contourner les engagements sociaux de l’entreprise.

Une enquête aux contours flous
L’enquête évoquée aurait été menée à distance depuis le Kenya, et viserait des faits de fraude sans qu’aucune liste nominative, qualification des faits, période concernée, ni estimation des montants en jeu n’aient été communiqués aux syndicats.
Malgré la promesse de transparence faite lors d’une réunion d’information le 6 juin, aucun des documents exigés par le syndicat n’a été transmis à ce jour, tandis que de multiples demandes d’explication ont déjà été envoyées aux travailleurs concernés.
Appel à une intervention du gouvernement
L’intersyndicale sollicite une intervention urgente du ministre de l’Emploi pour suspendre ce qu’elle qualifie de « procédure cavalière », et appelle à l’ouverture d’un dialogue tripartite. Elle demande également que soient garantis les droits fondamentaux des travailleurs, dans l’esprit de la vision présidentielle en faveur d’un travail décent et d’une main-d’œuvre protégée.
MM
