Le procès de Joseph Kabila prend une tournure aussi politique qu’identitaire. Alors que les audiences se poursuivent devant la Haute Cour militaire de Kinshasa, les avocats de la République ont choisi d’orienter leur argumentaire sur l’identité réelle de l’ancien président, qu’ils désignent désormais sous le nom d’Hyppolite Kanambe.
Selon l’accusation, ce nom correspondrait à la véritable identité de Joseph Kabila, dissimulée sous un patronyme “congolais” attribué artificiellement à des fins politiques. Une démarche assumée par les avocats de l’État, qui entendent, dans les prochains jours, “reconstituer l’historique complet” du nom et de l’origine de l’accusé.
La signature “HK” comme point de départ
C’est à partir de la signature « HK » retrouvée sur plusieurs documents officiels que les avocats ont enclenché cette offensive. Selon eux, ces initiales ne renvoient pas à Joseph Kabila Kabange, mais bien à Hyppolite Kanambe, nom d’état civil présumé, dont ils affirment qu’il trahit une filiation et une origine non congolaise.
L’argument a été renforcé par la diffusion d’une interview de l’ancien ministre de la Défense, Ngoy Mukena, dans laquelle ce dernier affirme avoir participé à une opération politique visant à “fabriquer” une identité congolaise à celui qu’il appelle lui aussi « Hyppolite Kanambe ».
Selon ses propos, l’objectif était de faciliter son ascension au pouvoir à la suite de la mort de Laurent-Désiré Kabila, dans un contexte de guerre et de pressions internationales.
MM
