Le débat autour du titre polémique « Longola ba anges » du chantre gospel Benjamin Kayombo continue de faire couler beaucoup d’encre. Alors que le morceau de la chanson renseigne littéralement « Enlève les anges pour que je prenne leur place » enflamme la toile et divise les fidèles, une voix influente du milieu chrétien vient d’apporter un éclairage apaisant : celle du pasteur Athoms Mbuma.
Invité ce mardi dans l’émission « Les Experts de l’info », animée par Adi Londole et Marc Tabu depuis la France, l’ancien responsable de l’église Phila Cité d’Exaucement s’est exprimé avec recul et nuance sur cette controverse. Originaire du Kasaï et ayant grandi à Mbuji-Mayi, Athoms dit comprendre le style d’expression utilisé par Kayombo.
« J’ai fait 6 ans à Mbuji-Mayi, j’ai appris à prier là-bas et j’ai étudié là-bas. Dans la façon de prier, les Luba ont tendance à hyperboliser leurs paroles, qui deviennent comme des affirmations. Mais ce n’est pas une mauvaise façon de faire, car ça fait partie de leur manière de s’exprimer. Dans le fond, il a simplement fait de l’hyperbole », a-t-il expliqué.
Pour le pasteur, cette exagération dans les paroles n’est pas à prendre au pied de la lettre, mais plutôt comme une figure de style ancrée dans la tradition spirituelle et linguistique des Luba. Une lecture culturelle qui permettrait de relativiser la portée théologique du message véhiculé dans la chanson.
Athoms Mbuma, qui anime par ailleurs une émission sur la chaîne chrétienne canadienne EMCI TV baptisée Teach, est allé plus loin dans son analyse identitaire en rappelant que les Luba se considèrent depuis longtemps comme un peuple spirituellement spécial :
« C’est pourquoi aussi les Luba se sont surnommés des Juifs », a-t-il précisé.
Avec cette intervention, le pasteur tente d’apaiser les tensions et d’inviter à une lecture plus contextuelle et moins doctrinale du morceau. Une manière de rappeler que l’art gospel, bien qu’ayant une mission spirituelle, reste profondément lié aux cultures et sensibilités locales.
MM
