Lors de la plénière tenue ce samedi à l’Assemblée nationale, les députés nationaux ont rejeté à une écrasante majorité la requête du procureur général près la Cour de cassation visant à obtenir l’autorisation de poursuites judiciaires contre Nicolas Kazadi, député de l’UDPS et ancien ministre des Finances. Ce dernier était visé par des accusations de propagation de faux bruits et de divulgation de secrets d’État.
Le verdict de la plénière est sans appel : 357 députés ont voté contre le réquisitoire du procureur général Firmin Mvonde, tandis que seulement 6 députés ont voté en faveur de la demande, et 7 se sont abstenus.
Cette décision fait suite au rapport de la commission spéciale mise en place pour examiner le dossier. Présidée par le député Raphaël Kibuka, la commission avait conclu qu’il n’y avait pas de fondement suffisant pour lever l’immunité parlementaire de Nicolas Kazadi. Elle a donc recommandé le rejet pur et simple de la requête du parquet, recommandation suivie par la majorité des élus.
Une décision qui contraste avec celle du ministre de la Justice
Ce rejet contraste fortement avec le sort réservé au ministre de la Justice sortant, Rose Mutombo, également visée par une demande d’instruction judiciaire. Contrairement à Kazadi, la chambre basse a autorisé son audition par le parquet, illustrant une lecture à deux vitesses de la responsabilité politique au sein des institutions.
La différence de traitement entre les deux personnalités politiques suscite déjà des interrogations et alimente les débats dans l’opinion publique sur l’impartialité et la cohérence des institutions parlementaires face à la justice.
MM
