Les mots sont forts, le ton direct. Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, n’a pas mâché ses mots ce mardi à Limete, lors d’une matinée politique organisée avec les cadres, jeunes et femmes du parti présidentiel. Dans son viseur : le cardinal Fridolin Ambongo, accusé d’adopter une posture politique hostile au pouvoir en place.
« Il ne faut plus vous inquiéter concernant Ambongo, c’est un politicien en soutane. Il est en train de relayer la position du Rwanda », a lancé Kabuya devant ses partisans, sous les applaudissements de la foule.
Des propos virulents tenus après plusieurs sorties critiques du cardinal à l’égard de la gestion de la situation sécuritaire à l’Est du pays, notamment depuis la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, orchestré par le président Tshisekedi avec l’appui de Washington.
Pour Augustin Kabuya, il ne fait aucun doute que le prélat « roule » pour des intérêts extérieurs. « C’est un incrédule qui n’arrive pas à comprendre que Félix Tshisekedi est un enfant de Dieu, il est sous la protection divine », a-t-il ajouté dans un discours offensif mêlant politique, foi et patriotisme.
Les relations entre le gouvernement et l’Église catholique, historiquement influente en RDC, se sont tendues ces derniers mois. Le cardinal Ambongo s’est attiré les foudres du pouvoir pour ses prises de position jugées trop tranchées, voire partisanes.
La charge de Kabuya contre le prélat marque une nouvelle escalade verbale dans ce bras de fer latent entre l’UDPS et une partie de la hiérarchie catholique. Dans les coulisses, certains redoutent une rupture ouverte, dans un contexte politique déjà sous tension alors que le pacte social est en cours.
MM
