La Belgique tire la sonnette d’alarme face à l’augmentation rapide des demandes d’asile venues de la RDC. En dix mois, 2 120 dossiers ont été déposés, un chiffre jugé “extrêmement préoccupant” par Freddy Roosemont, directeur de l’Office des étrangers, invité vendredi sur Top Congo FM dans une émission animée par Christina Lusakweno.
Sur les ondes de la radio kinoise, Roosemont n’a pas mâché ses mots. Selon lui, une large majorité des demandeurs congolais “n’ont aucun motif réel de protection” et utilisent de manière abusive les outils migratoires européens. « Entre 85 et 90 % des demandes sont infondées », a-t-il affirmé, dénonçant un “détournement clair de la procédure”.
Il a notamment pointé du doigt l’utilisation du visa Schengen “comme une porte d’entrée vers l’asile”, alors qu’il s’agit d’un document destiné au tourisme, aux visites et aux séjours de courte durée. « Beaucoup inventent des récits pour tenter leur chance, mais les faits ne confirment pas les risques allégués », a insisté le responsable belge.
Roosemont prévient que ce type de démarches n’est pas sans conséquence. Il évoque des refus massifs, la clandestinité comme issue fréquente, ainsi que des retours forcés de plus en plus nombreux. « Ceux qui tentent leur chance sans motif sérieux s’exposent à la misère, aux expulsions et à l’interdiction d’accès à l’Europe pendant des années », a-t-il averti.
Selon lui, cette tendance met également en difficulté les véritables réfugiés, pour qui le système d’asile a été conçu. « L’abus fragilise les personnes qui ont réellement besoin de protection », a conclu Roosemont, qui appelle à davantage de sensibilisation sur les conséquences juridiques et humaines de ces démarches.
MM
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