L’atmosphère était électrique jeudi dans les rues de Boma. Au petit matin, la colère de la population s’est traduite par des scènes de révolte rarement vues dans cette cité portuaire : des des pneus brûlés au milieu des avenues, et même des véhicules 4×4 de la Police nationale congolaise (PNC) livrés aux flammes.
Les manifestants accusent des éléments de la PNC d’être de connivence avec les criminels qui sévissent depuis plusieurs mois dans la ville. Cette accusation, déjà murmurée dans les quartiers, a explosé au grand jour. « La Police ne nous protège pas, elle travaille avec les bandits », crie un Alphonse Ngwala, visage couvert de poussière et de colère.

Les manifestations, entièrement spontanées, ont paralysé la circulation. Des barricades de fortune, des jets de pierres et des slogans hostiles à la Police ont rythmé la matinée. Les tirs de sommation n’ont fait qu’amplifier la tension, transformant certains axes en véritables champs de bataille urbains.
Derrière ces scènes de violence, un malaise profond s’installe : une population qui ne croit plus en ceux censés garantir sa sécurité. Pour les habitants de Boma, la patience a atteint sa limite face aux « bavures policières » et à une insécurité qui ne faiblit pas.
Les autorités locales, encore silencieuses, sont désormais interpellées par cette crise de confiance. Car à Boma, la rue a déjà parlé et ses flammes portent un message clair : la sécurité ne se négocie plus.
Walim M.
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