Après avoir affirmé ce lundi 5 mai, lors de la conférence sur la liberté de la presse en RDC, que “sous le mandat du président Félix Tshisekedi, aucun journaliste n’a été tué, arrêté ou torturé à cause de ses opinions”, Christian Bosembe, président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), fait aujourd’hui face à une vague de contestations sur les réseaux sociaux.
Dans les heures qui ont suivi son intervention en présence du Chef de l’État, de nombreuses vidéos et photos ont refait surface, contredisant directement ses propos. Parmi elles, les images de Patrick Lokala et Patient Ligodi, pris à partie lors des manifestations, ainsi que les photos de Pero Luwara, Merveille Baelenge, ou encore Stanny Bujakera, qui a été arrêté et emprisonné pendant plusieurs mois à Kinshasa, ont été massivement partagées.

Certains journalistes, comme Pero Luwara, ont quitté le pays pour échapper à des représailles, tandis que d’autres, comme Lokala ont publiquement dénoncé des actes de violence policière subis lors de la couverture de manifestations politiques.

Les propos de Bosembe sont perçus comme une tentative de réécriture des faits, suscitant l’indignation d’une grande partie de la presse congolaise et des défenseurs de la liberté d’expression. Plusieurs voix, dont celle du journaliste Steve Wembi, ont fustigé cette déclaration qu’ils jugent déconnectée de la réalité vécue sur le terrain.
Alors que la RDC célèbre la liberté de la presse, cette polémique souligne à quel point le climat médiatique reste tendu et sensible, et rappelle les nombreux défis que les journalistes continuent de rencontrer dans l’exercice de leur métier.
MM
