À Kinshasa, alors que le contrôle technique des véhicules est désormais renforcé dans plusieurs artères de la capitale, les policiers de circulation routière, communément appelés roulages, se retrouvent au cœur de nombreuses dénonciations liées à la tracasserie routière. Plusieurs conducteurs affirment que ces agents privilégient les sollicitations financières au détriment du contrôle réel des documents et de l’état des véhicules.
Selon des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux, certains roulages demandent ouvertement de l’argent aux automobilistes en utilisant l’expression « Tia mupanzi », qui signifie « mets de côté », manière d’inviter à une négociation financière même en l’absence d’infraction. Des conducteurs affirment que des agents vont jusqu’à inventer des infractions pour justifier une transaction, créant un climat de méfiance et d’incompréhension au moment où les autorités rappellent l’importance d’un contrôle technique effectif pour la sécurité routière.
Cette situation met en lumière des failles structurelles déjà connues dans la gestion de la circulation à Kinshasa. Des observateurs pointent notamment l’absence de mécanismes de supervision interne, la faible rémunération des agents, le manque de procédures digitalisées et la faible connaissance des droits par certains conducteurs. Ces facteurs combinés contribuent à un système où les pratiques de racket se maintiennent et se banalisent, malgré les réformes annoncées.
Pour plusieurs analystes, une réponse institutionnelle ferme reste indispensable. L’amélioration du contrôle technique ne pourra produire ses effets que si les agents chargés de l’appliquer agissent de manière transparente et conforme à la loi. La digitalisation des contrôles, l’instauration de patrouilles de supervision, des sanctions disciplinaires et une meilleure sensibilisation des conducteurs sont régulièrement citées parmi les pistes capables de réduire ce phénomène persistant.
En attendant d’éventuelles mesures, les automobilistes continuent de faire face à un paradoxe : au moment où les autorités cherchent à renforcer la sécurité routière par le contrôle technique, la multiplication des pratiques de tracasserie alourdit leur quotidien et fragilise la confiance envers les institutions chargées de réguler la circulation.
MM
