L’Union africaine a officiellement désigné le président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, comme nouveau médiateur dans le processus de paix visant à résoudre l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette décision, adoptée par procédure de silence, a été confirmée le 12 avril 2025 à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine.
Un passage de relais stratégique
Faure Gnassingbé succède ainsi à son homologue angolais João Lourenço, jusque-là médiateur attitré de l’UA et Champion pour la paix et la réconciliation. Le président angolais est salué pour son engagement et les efforts déployés dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi, qui visaient à rapprocher Kinshasa et Kigali dans un climat de tensions persistantes alimentées par les violences du M23 et la détérioration sécuritaire dans l’Est congolais.
Dans sa décision, l’Union africaine souligne que cette nomination fait suite à une réunion du Bureau de l’Assemblée tenue en visioconférence le 5 avril 2025. Aucune objection n’ayant été formulée par au moins un tiers des États membres habilités à voter avant la date butoir du 11 avril, la décision a été formellement adoptée par consensus.
Un mandat clair pour un défi complexe
Le mandat confié à Faure Gnassingbé est ambitieux : il devra poursuivre les efforts entrepris par João Lourenço, tout en développant une feuille de route unifiée pour la médiation, en collaboration avec les parties prenantes régionales et internationales. Cette nouvelle approche vise à fusionner les dynamiques des processus de Luanda et de Nairobi, deux cadres qui, jusqu’à présent, ont progressé parallèlement sans véritable articulation commune.
L’UA insiste sur la nécessité de renforcer son rôle central dans la résolution des conflits sur le continent, à travers une médiation plus cohérente et concertée, en particulier sur un dossier aussi sensible que celui de la crise à l’Est de la RDC, où la population civile continue de payer un lourd tribut.
Un signal fort à la communauté internationale
La Commission de l’Union africaine a également été chargée de consulter l’ensemble des acteurs concernés afin d’accompagner cette médiation d’un cadre opérationnel solide. L’objectif : donner une chance réelle à une désescalade durable et à un retour à la paix dans cette région cruciale de l’Afrique centrale.
Walim M.
