Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), organe pourtant essentiel dans la régulation des médias et la promotion de la cohésion nationale, traverse une crise profonde. Selon son rapport annuel 2024, plus de 50 % du personnel n’ont pas été payés depuis plus de 18 mois, et le nouveau barème salarial, pourtant contresigné depuis juillet 2023 par le ministre du Budget, reste toujours inappliqué.
Cette situation affecte gravement la motivation et le fonctionnement de l’institution, particulièrement au niveau de ses coordinations provinciales, qui souffrent également d’un grave déficit en ressources humaines. Même à Kinshasa, le personnel administratif et technique peine à exercer correctement ses missions dans un climat de précarité extrême.

Dans le document, les employés du CSAC se comparent à “des enfants négligés d’un parent encore vivant”, estimant que l’État accorde plus d’attention à d’autres institutions d’appui à la démocratie comme la CENI ou la CNDH. Pourtant, les statuts sont similaires : les présidents de ces organes ont rang de ministre, et les autres membres celui de vice-ministre.
L’écart de traitement social entre les agents de ces institutions est dénoncé comme injuste et démoralisant. Le rapport déplore également un “climat glacial” causé par les rumeurs de contraction budgétaire en provenance du gouvernement et du parlement, qui pourraient aggraver la situation.
Alors que le CSAC est censé jouer un rôle central dans la gestion de l’espace médiatique national, son personnel vit aujourd’hui “sous assistance respiratoire”, dans un silence institutionnel inquiétant.
Les autorités sont appelées à agir urgemment pour restaurer les moyens et la dignité du CSAC, afin qu’il puisse pleinement jouer son rôle dans la consolidation de la démocratie en RDC.
Walim M.
