L’Alliance des autorités traditionnelles et coutumières pour le Grand Congo (AATCC) a saisi ce mercredi le parquet près la Cour de cassation contre la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). En cause : ce que les chefs traditionnels dénoncent comme une exclusion délibérée et inconstitutionnelle des autorités coutumières dans les processus de cohésion nationale et de dialogue.
Devant la presse, Sa Majesté Emmanuel Lemba Lemba, figure de proue de cette alliance, a livré les motivations de la démarche.
« L’ECC et la CENCO ont fait le tour du monde pour aller chercher la sagesse, alors que nous, nous sommes sages. Ils nous ont laissés derrière eux en violation flagrante de notre Constitution, dans son article 207, alinéa 4 », a-t-il déclaré.
« La sagesse n’est pas une exclusivité religieuse »
Selon Emmanuel Lemba, certains membres des confessions religieuses considéreraient les chefs coutumiers comme non éduqués et dépourvus d’intelligence, ce qui aurait motivé leur exclusion dans les mécanismes de médiation ou de concertation nationale.
« Nous sommes venus saisir la justice pour qu’elle puisse nous départager avec la CENCO et l’ECC », a-t-il ajouté.
« Ils doivent nous dire : la cohésion nationale, c’est avec qui ? Avec les autorités traditionnelles que nous sommes ou uniquement avec les hommes de Dieu ? »
Tout en affirmant ne pas être en conflit avec les Églises, l’AATCC exige néanmoins le respect de la Constitution, qui, selon elle, reconnaît un rôle structurant aux autorités coutumières dans la consolidation de l’unité nationale.
Un appel au respect institutionnel
L’article 207 alinéa 4 de la Constitution congolaise évoqué par les plaignants stipule que les autorités coutumières participent à la vie publique dans le respect de la loi. Pour l’AATCC, ce texte impose une reconnaissance pleine et entière de leur rôle dans les dynamiques sociales, politiques et culturelles du pays.
MM
