Le cabinet d’avocats Kfuma & Bekombe a saisi, le 30 mars 2026, le Procureur général près la Cour de cassation de la RDC au sujet de la détention de Ndala Mpoyi Kabundi Jacky, interpellé le 4 mars à Bandalungwa, à Kinshasa, alors qu’il animait une formation destinée à des aspirants journalistes.
Via une correspondance adressée à l’autorité judiciaire, les conseils du prévenu indiquent que leur client « a été interpellé par des personnes inconnues en violation des prescrits de l’article 18 alinéas 1 et 2 de la Constitution », soulignant qu’il n’a pas été informé des motifs de son arrestation ni de ses droits.
Selon les témoignages relayés dans cette lettre, Ndala Mpoyi Kabundi Jacky aurait été « embarqué dans une jeep (…) sans qu’il soit informé des motifs de son interpellation, moins encore informé de ses droits les plus légitimes ».
Ses avocats affirment également que, depuis son interpellation, leur client n’a eu aucun contact avec sa famille ni avec ses conseils. « Depuis lors jusqu’à ce jour, Monsieur Ndala Mpoyi Kabundi Jacky n’est plus en contact avec sa famille (…) ni avec ses avocats conseils », ont-ils écrit, évoquant une situation contraire aux dispositions constitutionnelles en vigueur.
Ils précisent que la famille n’a été informée de sa détention que le 10 mars, à la suite d’une perquisition menée à son domicile par des agents présentés comme appartenant à la Maison militaire du Chef de l’État. « C’est seulement (…) lors de la perquisition (…) que la famille s’est rendue compte que Monsieur (…) est en détention », indiquent-ils.
Le cabinet dénonce aussi la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’allégations liant leur client à l’Alliance Fleuve Congo/M23. Des accusations rejetées par la défense, qui rappelle « que notre client est protégé par la présomption d’innocence » et insiste sur « le caractère secret de l’instruction pré juridictionnelle ».
Dans leur démarche, les avocats sollicitent « l’implication personnelle » du Procureur général afin que des mesures soient prises dans ce dossier, estimant que leur client « mérite mieux que ce qu’il subit actuellement ».
Au moment de la saisine, selon la défense, la détention de Ndala Mpoyi Kabundi Jacky dépassait déjà une vingtaine de jours sans présentation devant une autorité judiciaire compétente.
MM
