Depuis plusieurs mois soit depuis janvier, les violences dans le Nord et le Sud-Kivu se sont intensifiées avec l’avancée des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon Kinshasa et les Nations unies. Au-delà des bilans militaires et diplomatiques, ce sont surtout les populations civiles qui paient le prix le plus lourd.
« C’est la terreur qui règne ici » affirme un infirmer avant de lâcher : « ces gens ne sont pas des libérateurs, mais plutôt des destructeurs », évoquant la rébellion AFC/M23.

D’autres témoignages recueillis par nos équipes sur le lieu, d’un des habitants de Walungu et de Goma décrivent une vie quotidienne marquée par la peur permanente : disparitions nocturnes, enlèvements en cascade, exécutions sommaires. « Les gens disparaissent pour ne plus jamais revenir. On n’en parle même plus », raconte un habitant sous anonymat.
À cette insécurité chronique s’ajoutent des conséquences économiques et sociales dramatiques. Des milliers de familles ont fui les combats, abandonnant maisons et champs. Des professionnels comme des enseignants ou des infirmiers se retrouvent sans emploi. « Cela fait déjà deux mois que je ne travaille plus. Nous avons tous fui », confie un autre témoin.
Ce sentiment d’abandon par Kinshasa revient souvent dans les discours. Beaucoup estiment que, sans la résistance des jeunes et des habitants, « le M23 serait déjà dans la capitale provinciale ». Cette perception d’un État éloigné, impuissant ou indifférent, alimente la frustration et la désillusion au sein des communautés locales.
Si le gouvernement met en avant les efforts diplomatiques et les alliances militaires pour repousser le M23, les populations civiles attendent avant tout des garanties de protection et un retour à la sécurité. Faute de quoi, préviennent des analystes, l’écart se creuse entre un pouvoir central tourné vers l’international et une population locale qui se sent livrée à elle-même.
Alors que les négociations pour la signature d’un accord de paix entre les groupes armés et le gouvernement congolais, la population Kivutienne n’attend qu’une chose : le retour de la paix.
MM
