Alors que la tension politique reste vive en République démocratique du Congo après les élections contestées de décembre 2023 et aussi la prise de la partie Est par les rebelles du M23/AFC, une rencontre entre Martin Fayulu et Félix Tshisekedi est prévue dans les tout prochains jours, selon des sources proches des deux camps.
Objectif affiché : ouvrir un dialogue direct pour désamorcer la crise institutionnelle qui mine le pays depuis plusieurs mois.
Mais cette annonce n’a pas convaincu tout le monde. Dans les rangs de l’opposition radicale, plusieurs voix dénoncent une “mise en scène” politique. Certains y voient une tentative du pouvoir de « décrédibiliser la contestation par une fausse main tendue », pendant que d’autres estiment que Fayulu « risque de se compromettre politiquement » en s’asseyant à la même table que Tshisekedi, qu’il accuse encore publiquement d’avoir “volé deux fois les élections”.
Autre point qui alimente le scepticisme : le silence total de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa, également cités dans les tensions récentes. Accusés par Fayulu d’avoir joué un rôle trouble dans la déstabilisation du processus électoral, ni l’ancien président ni l’ex-président de la CENI n’ont réagi publiquement à la perspective de ce dialogue, ni à l’escalade verbale qui s’en est suivie ces dernières semaines.
Dans ce climat tendu, cette rencontre soulève plus de questions que d’espoirs : s’agit-il d’une véritable tentative de réconciliation ou d’un simple calcul politique ? L’opinion reste divisée. Et si certains espèrent un tournant dans l’impasse actuelle, d’autres redoutent une nouvelle séquence sans issue dans un cycle politique devenu de plus en plus fermé.
MM
