Le cardinal congolais Fridolin Ambongo, connu pour ses prises de position tranchées, a de nouveau fait parler de lui à travers une récente intervention remarquée sur la chaîne catholique KTO, diffusée depuis le Vatican. Au cours de cette interview, l’archevêque de Kinshasa a livré un diagnostic sévère de la gouvernance en République démocratique du Congo, n’épargnant ni les institutions ni les dirigeants actuels.
« Quand je prends la réalité de chez nous au Congo, les grands traîtres à la patrie sont justement ceux qui sont au pouvoir », a déclaré le prélat, dans un ton grave mais sans équivoque. Pour le cardinal Ambongo, la trahison de la patrie ne réside pas dans les discours mais dans l’abandon de l’intérêt général au profit des intérêts personnels ou partisans.
« Dès lors qu’ils ne servent pas l’intérêt du peuple, c’est eux qu’on doit considérer comme des vrais traîtres parce qu’ils n’assument pas les rôles auxquels ils ont reçu des charges », a-t-il ajouté, dénonçant ce qu’il qualifie de manquement à la mission sacrée de servir la population.
Cette sortie s’inscrit dans la lignée des précédentes déclarations de l’archevêque, souvent critiques envers le régime du président Félix Tshisekedi, qu’il accuse régulièrement de mauvaise gestion, d’inefficacité et de compromissions sur des sujets cruciaux comme la paix, la justice sociale ou la souveraineté nationale.
Dans un climat politique tendu et alors que la RDC fait face à de multiples défis, notamment à l’Est du pays, les paroles du cardinal Fridolin Ambongo résonnent comme un appel à la conscience et à la responsabilité des dirigeants. Mais elles risquent aussi d’accentuer les frictions déjà existantes entre l’Église catholique et le pouvoir en place, à quelques mois d’échéances politiques importantes.
L’Église, institution influente dans le paysage congolais, continue ainsi de jouer un rôle de veille morale, n’hésitant pas à critiquer publiquement les dérives de la gouvernance au nom de la vérité et du bien commun.
MM
