Un scandale de gestion secoue le FRIVAO (Fonds spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda), après l’attribution controversée d’un contrat de 1 million de dollars à l’agence Divo International Sarlu, appartenant à l’homme d’affaires Deo Kasongo. En cause : une passation opaque du marché, des décaissements massifs et l’absence de résultats tangibles, plusieurs mois après la signature du contrat.
Selon une lettre officielle du président du Conseil d’administration du FRIVAO, Bernard Kalonji Bolasie, datée du 17 mars 2025 et adressée au Coordonnateur du Fonds, le marché a été passé de gré à gré au profit de DIVO, sans validation préalable du Conseil d’administration. Cette démarche constitue une violation flagrante de la loi sur les marchés publics en République démocratique du Congo, qui impose un appel d’offres public, sauf circonstances exceptionnelles dûment motivées.
“Je suis très déçu de votre façon de travailler car un marché pareil devait être connu du président du Conseil d’administration, que je suis, et recevoir son autorisation”, écrit Bernard Kalonji dans son courrier.

Le contrat portait sur la production d’un documentaire sur le Genocost, évoquant les crimes subis par les Congolais dans l’Est du pays, notamment durant la guerre des Six Jours à Kisangani. Chiffré à l’origine à 700 000 dollars, le projet devait être livré dans un délai de deux mois. Pourtant, aucune production sérieuse n’a été officiellement présentée à ce jour.
Des sources proches du dossier, relayées par des organisations citoyennes comme Filimbi, dénoncent un documentaire “bidon”, composé essentiellement d’images d’archives et d’éléments disponibles en ligne, sans véritable travail de terrain ni valeur ajoutée documentaire.
Le plus troublant reste le montant effectivement décaissé : 1 million de dollars, soit 300 000 dollars de plus que le montant prévu initialement. Le FRIVAO a effectué deux paiements de 500 000 dollars, sans contrôle préalable clair, ni rapport de suivi documenté.
Ni Divo International ni le FRIVAO n’ont communiqué officiellement sur l’état d’avancement du documentaire. L’Inspection Générale des Finances (IGF), le ministère des Finances, ainsi que le ministère de la Justice ont été saisis de l’affaire, mais aucune enquête publique n’a encore été ouverte à ce stade.
MM
