Le procès dit « du Trésor » s’est ouvert cette semaine dans la capitale équato-guinéenne, avec en ligne de mire plusieurs anciens responsables de la Direction générale de l’assurance et de la réassurance (DGAR). Selon LSI Africa, l’un des principaux accusés n’est autre que Baltasar Ebang Engonga, surnommé « Bello », neveu du président Teodoro Obiang Nguema et ex-directeur de l’administration fiscale. Le parquet a requis 18 ans et 6 jours de prison, ainsi qu’une amende colossale de plus de 910 millions de FCFA à son encontre.
L’affaire, médiatisée des tensions internes au sommet de l’État, implique de hauts fonctionnaires soupçonnés d’avoir orchestré un vaste système de détournement de fonds publics entre 2015 et 2020, période où « Bello » dirigeait la DGAR. Il est notamment poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, et abus de fonction.
Un scandale à la fois financier et sexuel
Mais ce dossier dépasse le cadre strictement économique. D’après les révélations de LSI Africa, le nom de Baltasar Ebang Engonga est également éclaboussé par un scandale sexuel retentissant, à la suite de la diffusion de vidéos intimes tournées dans son bureau officiel. Ces images, récupérées lors de la perquisition de ses appareils électroniques, montrent l’ex-haut cadre dans des situations compromettantes avec plusieurs femmes, dont certaines proches d’autres personnalités du régime. La diffusion de ces séquences en fin d’année 2024 avait provoqué une onde de choc dans le pays, révélant des dérives jusque-là étouffées.
Fils de Baltasar Engonga Edjo’o, actuel président de la CEMAC, et membre de la famille présidentielle, « Bello » incarne une élite souvent perçue comme intouchable. Pour de nombreux observateurs, son procès constitue un test pour la justice équato-guinéenne, rarement vue poursuivre avec autant de fermeté un membre aussi proche du cercle présidentiel.
Procès sous tension, verdict attendu
Au total, sept anciens cadres sont poursuivis dans cette affaire, dont Carmelo Julio Matogo Ndong, Ireneo Mangue Monsuy Afana et Florentina Iganga Iñandji. Le ministère public les accuse de s’être enrichis illégalement en captant des ressources publiques à leur profit.
La défense, de son côté, crie au procès politique. Les avocats de Baltasar Ebang Engonga contestent la légalité de certaines preuves et affirment que leur client est victime d’un règlement de comptes interne.
Le jugement est attendu dans les prochains jours. S’il venait à être condamné, ce serait un signal inédit dans un pays où les scandales financiers restent souvent impunis. Le procès, qui se tient à huis clos partiel, est suivi de près par les chancelleries occidentales et les médias régionaux.
Walim M.
