Le climat politique s’alourdit dans le Haut-Katanga. Le vice-gouverneur Martin Kazembe a été officiellement notifié pour assurer l’intérim du gouverneur Jacques Kyabula, suspendu par le ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani. La décision intervient alors que Jacques Kyabula était attendu à Kinshasa, mais n’a pas pu faire le déplacement, invoquant des raisons de santé, selon le journaliste Stanny Bujakera.
Derrière cette suspension, un épisode politique sensible : lors d’une récente descente sur le terrain pour s’adresser à sa base, Jacques Kyabula aurait publiquement mis hors de cause Joseph Kabila et Corneille Nangaa, tout en accusant Paul Kagame, président rwandais, d’être « le seul qui tue les Congolais ». Une sortie qui, d’après certaines sources proches du pouvoir, aurait fortement déplu à Kinshasa, notamment en raison du contexte diplomatique tendu avec Kigali, mais aussi des équilibres politiques internes.
L’affaire fixe les collimateurs sur les lignes de fracture au sein de la majorité présidentielle, alors que les tensions régionales et les enjeux sécuritaires dans l’Est du pays restent vifs.
Si aucune communication officielle n’a encore détaillé les motifs exacts de la suspension, la manœuvre est perçue par certains observateurs comme une sanction politique à un discours jugé dissident.
En attendant, Martin Kazembe prend les rênes de la province, dans un contexte de grande incertitude.
MM
