C’est une date historique pour la justice congolaise. Le procès de l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, s’ouvre ce vendredi devant la Haute Cour Militaire, selon une annonce officielle du service de communication de la juridiction.
Premier ancien chef d’État à comparaître devant une juridiction militaire dans l’histoire du pays, Joseph Kabila est poursuivi pour des accusations extrêmement graves : trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Ces charges sont en lien direct avec son présumé soutien au mouvement rebelle AFC/M23, actif dans l’est de la République démocratique du Congo.
Immunité levée par le Sénat
Ce procès fait suite à une procédure judiciaire initiée par l’auditeur général des FARDC. Le 22 mai 2025, le Sénat congolais a levé l’immunité parlementaire de Joseph Kabila, qui bénéficie en tant qu’ancien chef de l’État du statut de sénateur à vie. Cette décision avait été largement débattue et interprétée comme un tournant dans la lutte contre l’impunité au sommet de l’État.
Un procès sous haute tension
La tenue de ce procès se déroule dans un climat politique tendu, alors que le pays reste confronté à de graves crises sécuritaires dans les provinces de l’Est, où les exactions des groupes armés persistent. Le dossier Kabila, particulièrement sensible, suscite une attention nationale et internationale considérable.
Une comparution inédite
L’ex-chef de l’État, au pouvoir entre 2001 et 2019, a toujours nié tout lien avec les rébellions actives à l’Est du pays, mais plusieurs rapports et témoignages ont alimenté ces soupçons ces dernières années. Il a d’ailleurs lancé des consultations dans les deux provinces touchées récemment.
La Haute Cour Militaire, seule instance compétente pour juger les hauts responsables militaires et politiques pour les faits en lien avec la sûreté de l’État, devra se prononcer dans un cadre juridique encore rarement exploré à ce niveau de responsabilité.
MM
