Dans un message sincère publié sur Instagram ce jeudi, Haya Mvita, ancienne manager de l’artiste Ferre Gola, a livré une réflexion poignante sur l’importance de la musique congolaise dans un contexte national marqué par les conflits et les crises.
Alors que l’Est de la République Démocratique du Congo est en proie à une agression persistante et que le pays traverse une période de forte instabilité sociale et politique, la jeune femme, aujourd’hui active dans les milieux culturels entre Paris et Kinshasa, a tenu à souligner le rôle thérapeutique de la musique, qu’elle considère comme un rempart contre les troubles mentaux et émotionnels.
« Après avoir sondé un peu autour de moi, je peux vous dire une chose avec conviction : au regard de la souffrance que traverse le Congo, sans la musique congolaise, il y aurait probablement beaucoup plus de cas de dépression, voire de suicides. » a déclaré Haya Mvita sur Instagram
Elle décrit la musique comme un exutoire collectif, un espace de résilience, qui permet à une population traumatisée de garder une forme de stabilité émotionnelle dans le chaos ambiant. Pour elle, l’impact culturel et psychologique de la musique dépasse largement le simple cadre du divertissement.
Mais Haya Mvita ne manque pas de nuancer son propos. Elle appelle à une conscience plus critique de la puissance de la musique, reconnaissant qu’elle peut aussi être un vecteur de déséquilibre, notamment lorsque certains messages ou comportements véhiculés par les artistes ne sont pas en phase avec les enjeux sociaux.
« Il faut trouver un équilibre : préserver ce qu’elle a de libérateur et de culturellement vital, tout en restant lucides sur ses dérives et ses impacts sociaux », insiste-t-elle.
Un message qui résonne
Ce témoignage, partagé dans un moment où de nombreux Congolais cherchent des repères face à l’incertitude, a trouvé un écho immédiat auprès de nombreux internautes. Des artistes, fans et militants culturels ont salué cette sortie comme un plaidoyer en faveur d’une reconnaissance du rôle essentiel de la culture dans la reconstruction psychologique du pays.
Alors que la RDC lutte pour la paix à l’Est, les propos de Haya Mvita remettent sur la table une vérité fondamentale : la musique n’est pas un luxe, c’est une nécessité sociale. Et dans un pays où la douleur semble trop souvent muette, les percussions, les guitares et les voix des artistes congolais continuent de porter l’espoir, la dignité et la résistance.
Walim M.
