Ce 24 avril marque le neuvième anniversaire de la disparition tragique de Papa Wemba, icône incontestée de la rumba congolaise et figure majeure de la musique africaine. Le 24 avril 2016, l’artiste s’écroulait en pleine performance sur la scène du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA), à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Il ne se relèvera plus. Il avait 66 ans.
Ce jour-là, la nouvelle tombe comme un choc, un coup de tonnerre pour les mélomanes à travers l’Afrique et le monde. Celui que l’on surnommait le « Roi de la Sape » venait de tirer sa révérence, micro en main, fidèle à son art jusqu’à la dernière note.
Une étoile née à Lubefu
Né Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba le 14 juin 1949 à Lubefu, dans l’actuelle province du Sankuru, en République Démocratique du Congo, Papa Wemba débute sa carrière musicale dans les années 1960 avec le groupe Zaïko Langa Langa. Il s’impose rapidement comme l’une des voix les plus marquantes de la scène congolaise, grâce à son timbre unique, ses textes poétiques et son charisme scénique.
Il fondera ensuite Viva La Musica, son propre orchestre, et entamera une carrière solo internationale, mêlant rumba, soukous, ndombolo et musique world. Il devient l’un des artistes africains les plus connus au monde, multipliant les tournées sur tous les continents.
Un ambassadeur de la rumba congolaise
Papa Wemba fut bien plus qu’un chanteur. Il fut un ambassadeur culturel. À travers sa musique, il a porté la rumba congolaise aux sommets, contribuant largement à son rayonnement international. En 2021, l’UNESCO a inscrit cette musique au patrimoine culturel immatériel de l’humanité – un hommage posthume au travail de ceux comme lui qui en ont fait une langue universelle.
Le pionnier de la SAPE
Papa Wemba était aussi une figure de la mode. Il a élevé la Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes) au rang d’art de vivre. Ses apparitions soignées, ses costumes haute couture, sa passion pour l’élégance ont influencé des générations de jeunes à Kinshasa, Brazzaville, Paris et ailleurs. Il affirmait que le style était une manière de s’exprimer, de se valoriser, de résister à la pauvreté par l’esthétique.
Une mort sur scène, une légende éternelle
Le 24 avril 2016, en pleine prestation au FEMUA, Papa Wemba s’effondre devant un public stupéfait. Les vidéos de cet instant terrible feront le tour du monde. Il décède des suites d’un malaise, laissant derrière lui une œuvre monumentale, mais surtout un vide immense.
Aujourd’hui, neuf ans plus tard, Papa Wemba demeure une figure tutélaire. Son influence perdure dans la musique congolaise, dans l’élégance vestimentaire, dans l’engagement culturel. Des artistes comme Fally Ipupa, Ferre Gola ou encore Innoss’B revendiquent son héritage. À Kinshasa, sa tombe est devenue un lieu de recueillement pour les amoureux de la musique.
Un devoir de mémoire
Chaque année, à la date anniversaire de sa disparition, concerts-hommages, émissions, et messages fleurissent sur les réseaux sociaux. En ce 24 avril 2025, nombreux sont ceux qui se souviennent : le roi est tombé, mais la légende est debout.
Papa Wemba, c’était une voix, un style, une époque. Mais surtout, une présence éternelle dans le cœur du peuple congolais et de l’Afrique toute entière.
MM
