L’intelligence artificielle (IA) s’impose peu à peu sur le continent africain. Entre promesses d’innovation et inquiétudes sur son utilisation, la technologie ne laisse personne indifférent. En République démocratique du Congo, le débat est particulièrement vif depuis la récente polémique autour de l’Examen d’État.
La ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Raïssa Malu, a été critiquée pour avoir eu recours à un logiciel d’IA afin de corriger une partie des copies. Certains y voient une modernisation nécessaire et un gain de temps. D’autres dénoncent un risque d’erreur ou un manque de transparence dans un examen aussi symbolique.
Dans le même registre, l’Université de Kisangani a interdit l’entrée des téléphones dans les salles d’examen. La direction académique affirme que de nombreux étudiants utilisent désormais des applications d’IA comme ChatGPT pour tricher.
Mais au-delà de ces controverses, l’IA représente aussi une formidable opportunité de créativité et de développement pour l’Afrique. De plus en plus de startups locales se lancent dans des solutions adaptées : agriculture intelligente, santé numérique, éducation interactive. À Kinshasa, Nairobi ou Lagos, de jeunes développeurs imaginent déjà des outils pour traduire les langues locales, faciliter le commerce ou encore automatiser des services publics.
Certains spécialistes rappellent que l’IA n’est pas qu’une menace. Elle peut aussi être un moteur d’inclusion. « Le vrai enjeu, c’est de former les jeunes Africains pour qu’ils ne soient pas seulement consommateurs, mais créateurs d’IA », souligne un chercheur congolais en sciences numériques ayant requis l’anonymat.
La montée de l’intelligence artificielle en Afrique illustre donc un double mouvement : espoirs de modernisation et peurs de dérives. Entre créativité, opportunités économiques et garde-fous nécessaires, le continent se trouve à un carrefour décisif.
