Tandis que les projecteurs du monde étaient braqués sur la Maison Blanche ce 27 juin, où la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé un accord présenté comme « historique » pour la paix dans la région des Grands Lacs, l’ancien président congolais Joseph Kabila a brisé le silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de “manipulation de l’opinion”.
Dans une rare prise de parole sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’ex-chef de l’État congolais a réagi avec fermeté :
« On parle d’un accord de paix… Mais entre quels belligérants, exactement ? La RDC n’a jamais été en guerre avec aucun des États représentés sur cette photo. Ce qui s’est signé ce 27 juin 2025 à la Maison Blanche n’est rien d’autre qu’un accord commercial. Rien de plus. Il faut cesser de travestir les faits pour maquiller un agenda de propagande. Le peuple congolais mérite la vérité, pas un spectacle diplomatique. »
Un message bref, sec, mais suffisamment clair pour semer le trouble au sein de la classe politique congolaise et susciter un vif débat au sein de l’opinion.
Jeudi 27 juin, en présence du président américain Donald Trump et de plusieurs délégations africaines, le président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame ont signé un texte présenté comme « un accord de paix, de sécurité et de coopération économique durable entre la RDC et le Rwanda ».
L’événement, hautement symbolique, a été salué à l’international comme une avancée vers la stabilité régionale, au moment où les tensions dans l’Est congolais restent dramatiques, marquées par les exactions du groupe rebelle M23, considéré par Kinshasa comme un mouvement soutenu par Kigali.
Mais pour Kabila, cette signature ne reflète ni une réalité de guerre interétatique, ni un pas vers la paix véritable : « On met en scène une paix entre États, alors que le véritable problème reste l’agression par des groupes armés soutenus indirectement. Le Rwanda n’est pas officiellement en guerre contre la RDC, donc on ne peut pas parler de paix entre pays. »
Depuis son retrait du pouvoir en 2019, Joseph Kabila s’est fait extrêmement discret sur la scène médiatique et politique. Hormis quelques interventions lors de moments politiques majeurs – notamment la controverse autour du processus électoral de 2023 – il avait gardé le silence, préférant les canaux internes à la coalition FCC (Front Commun pour le Congo) pour peser dans le débat. Avant de faire un discours récemment puis annoncer sa présence dans la partie orientale pour mener des consultations avec toutes les couches de la vie publique.
MM
