Les récentes mesures prises par les autorités urbaines de Kinshasa pour restreindre la circulation des engins lourds commencent à produire des effets collatéraux majeurs sur le marché. En première ligne, les prix des matériaux de construction enregistrent une hausse brutale, suscitant inquiétude et grogne chez les consommateurs.
Le sac de ciment, vendu il y a encore quelques jours à 9 dollars américains, se négocie désormais autour de 13,5 dollars, une augmentation de 50 % en très peu de temps. Les carreaux, les fers à béton, et d’autres matériaux connaissent une flambée similaire, rendant les travaux de construction ou de rénovation quasi inaccessibles pour de nombreux ménages.
À l’origine de cette tension sur les prix : l’interdiction ou la limitation de circulation des camions et autres engins lourds en journée, décidée pour désengorger la capitale et améliorer la sécurité routière. Mais cette décision a fortement perturbé les chaînes logistiques d’approvisionnement, provoquant des retards et une hausse des coûts de transport, que les fournisseurs répercutent désormais sur les prix.
Plusieurs commerçants dénoncent une absence de solutions alternatives adaptées. « Nous ne pouvons plus faire entrer nos marchandises à temps. Même la nuit, c’est compliqué », explique un distributeur de matériaux à Kingabwa.
De leur côté, des consommateurs appellent les autorités à revoir ou adapter les restrictions pour ne pas pénaliser davantage une population déjà éprouvée par l’inflation générale.
Pour l’heure, aucun ajustement officiel n’a été annoncé. Mais si la tendance se poursuit, elle pourrait affecter durablement plusieurs secteurs économiques, au-delà de la construction.
MM
