La justice a tranché à Kolwezi hier jeudi. Une personne qui affirmait avoir été victime d’un supposé vol mystique d’organe génital a écopé de 15 ans de servitude pénale.
Le Tribunal de grande instance de Kolwezi a retenu contre lui les faits d’extorsion et de violences physiques. L’homme qu’il accusait d’avoir “volé son sexe” a, lui aussi, été condamné, mais à 5 ans de prison pour coups et blessures volontaires aggravés, à la suite d’une bagarre entre les deux protagonistes.
Le jugement a été rendu lors d’une audience foraine organisée à la place de la Poste, en plein centre de Kolwezi. Une foule nombreuse s’est rassemblée pour suivre cette affaire qui a rapidement fait parler dans la ville.
Devant les juges, celui qui se présentait comme victime a raconté la scène.
« Je partais chez ma sœur pour lui demander 2000 FC afin de manger à l’école. J’ai vu un homme passer devant moi et il m’a salué. Je n’ai pas répondu parce que je ne le connaissais pas. Directement j’ai senti un choc électrique dans mon organe et mon organe génital commençait à rétrécir. Je l’ai alors poursuivi pour qu’il trouve une solution et il a commencé à crier comme quoi je voulais lui ravir son téléphone », a-t-il déclaré.
L’homme accusé d’avoir pratiqué ce supposé “vol mystique” a rejeté toutes les accusations devant le tribunal. Il a plaidé non coupable.
Les juges ont considéré que l’accusation de vol d’organe servait de prétexte à une tentative d’extorsion, ce qui a conduit à la lourde peine contre le plaignant.
Dans plusieurs villes du Grand Katanga, des histoires de “vol de sexe” circulent régulièrement. Malgré l’absence de preuves scientifiques, ces rumeurs provoquent souvent des lynchages ou des violences contre des personnes accusées à tort.
Le jugement rendu à Kolwezi envoie ainsi un message clair contre les accusations infondées et les violences qui en découlent.
MM
