Dans un mémoire axé sur le management éducatif et sanitaire, Frédéric Zinabuna Sukami Sukisa analyse les mécanismes d’intégration de la médecine préventive dans les programmes scolaires de la Province éducationnelle Kwilu 2, avec un accent particulier sur la lutte contre le paludisme en milieu scolaire.
Un paludisme aux conséquences éducatives persistantes

Le paludisme demeure l’un des principaux problèmes de santé publique en République démocratique du Congo, touchant particulièrement les zones rurales. Dans la Province éducationnelle Kwilu 2, cette endémie affecte de manière directe les enfants d’âge scolaire, avec des répercussions sur leur assiduité, leurs performances académiques et leur bien-être global.
Face aux limites des réponses essentiellement curatives, la médecine préventive apparaît comme une option durable, à condition d’être intégrée de manière structurée dans le système éducatif. Or, malgré l’existence de orientations nationales en la matière, l’observation du terrain révèle un décalage entre les intentions stratégiques et leur application effective dans les écoles.
Une recherche à approche managériale et intersectorielle

Licencié en EASI et en Management, Frédéric Zinabuna Sukami Sukisa a inscrit son travail dans une approche descriptive et analytique, combinant méthodes quantitatives et qualitatives. L’étude a porté sur des élèves et des enseignants de la Province éducationnelle Kwilu 2, à travers des questionnaires, des entretiens et une analyse documentaire.
La problématique centrale posée par l’auteur porte sur la capacité du management stratégique à favoriser une intégration durable de la médecine préventive, notamment dans la lutte contre le paludisme, au sein des curricula scolaires. L’hypothèse principale repose sur l’efficacité d’un management participatif et intersectoriel associant les secteurs de l’éducation et de la santé.
Des résultats révélateurs d’un déficit organisationnel

Les résultats montrent que si la majorité des élèves déclarent connaître le paludisme, les connaissances restent incomplètes et les pratiques préventives inégalement appliquées. L’utilisation des moustiquaires imprégnées demeure partielle et la participation aux campagnes de sensibilisation reste limitée.
Chez les enseignants, les connaissances générales sont relativement élevées, mais leur intégration pédagogique demeure faible, en raison notamment d’un déficit de formation spécifique et d’un accès inégal aux supports didactiques. Au niveau institutionnel, la majorité des écoles ne disposent pas des ressources nécessaires pour mener des activités de prévention, tandis que la coordination entre les autorités éducatives et sanitaires reste peu structurée.
Un modèle opérationnel proposé pour le milieu scolaire

Au terme de son analyse, l’auteur met en évidence le rôle central du management dans l’efficacité des politiques de prévention en milieu scolaire. Le mémoire propose un modèle managérial fondé sur la formation continue des enseignants, la disponibilité des ressources pédagogiques, la coordination intersectorielle, l’implication des élèves et des communautés ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi-évaluation.
Selon Frédéric Zinabuna Sukami Sukisa, l’intégration de la médecine préventive dans les programmes scolaires du Kwilu 2 demeure pertinente et réalisable, à condition d’une formalisation organisationnelle renforcée et d’un engagement institutionnel durable.
À l’issue de sa soutenance publique mardi dernier, le récipiendaire a réussi à obtenir la mention grande distinction devant un jury composé d’éminents professeurs notamment Munyanga, Nsaman, Onken, Ondain, au Centre de Promotion en Management et Développement (CEPROMAD).
MM
