Dans les rues de la capitale congolaise, un nouveau code vestimentaire fait fureur : l’Ascot, accompagné de la chemise et du costume. Des terrasses de Bandal aux quartiers chics de la Gombe, ce look est devenu le signe distinctif d’une jeunesse en quête d’élégance et de visibilité.
Ils se surnomment entre eux les « jeunes tontons », ces Kinois qui revendiquent un style soigné, mélange de modernité et de classicisme. Leur uniforme ? Une veste bien ajustée, une chemise claire, un pantalon de costume, le tout rehaussé d’un foulard Ascot noué avec soin. Aux pieds, chaussures vernies ou talons en tissu pour parfaire l’allure.

La tendance dépasse la simple apparence : elle se vit aussi sur les réseaux sociaux. Sur TikTok, des vidéos d’essayages, de défilés improvisés et de poses en groupe circulent massivement, cumulant des milliers de vues. « Ce n’est pas seulement une question d’habits, c’est une identité, une façon de dire que nous aussi, nous savons nous mettre en valeur », explique Junior, 24 ans, croisé sur l’avenue Kasa-Vubu.
Pour certains observateurs, ce phénomène rappelle l’héritage de la SAPOLOGIE, cet art vestimentaire né à Brazzaville et Kinshasa qui valorise l’élégance et l’originalité. Mais la particularité du mouvement actuel, c’est son homogénéité : « L’Ascot est presque devenu l’uniforme d’une génération », remarque un sociologue de l’Université de Kinshasa.
Dans une ville où la mode a toujours été un marqueur social, l’Ascot, chemise et costume ne semblent pas près de disparaître. Au contraire, cette vague vestimentaire continue de grandir, donnant à Kinshasa des allures de podium à ciel ouvert.
Walim M.
