L’affaire avait suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique congolaise. Un couple sur le point de se marier dans la commune de Rwashi à Lubumbashi avait vu sa cérémonie interrompue par le bourgmestre adjoint et officier de l’état civil, après avoir refusé de s’embrasser devant l’assistance, un geste que les époux avaient refusé pour des raisons religieuses.
Selon des sources locales proches du dossier, après plusieurs heures de discussions en famille, les deux fiancés, membres du mouvement chrétien du Message de Branham, auraient finalement consenti à échanger un baiser — un geste symbolique mais non requis par la loi congolaise. L’acte a eu lieu hors cérémonie publique, dans un cadre plus discret, ce qui a permis à l’officier de l’état civil de procéder à l’officialisation de leur union.
L’incident avait suscité un tollé sur les plateformes sociales. Plusieurs voix s’étaient élevées pour dénoncer un abus d’autorité de la part de l’officier de l’état civil, rappelant que le baiser n’est ni une condition de fond ni de forme pour la célébration d’un mariage en droit congolais.
Parmi les réactions les plus marquantes, celle du vice-bourgmestre de Limete, Isaac Mukendi, qui, via X (anciennement Twitter), avait interpellé la communauté juridique sur la légitimité d’un tel renvoi. Il s’était appuyé sur une analyse du droit congolais pour souligner que le baiser n’a aucune valeur juridique obligatoire dans le cadre d’un mariage civil.
Si la situation semble avoir trouvé une issue heureuse, elle n’en soulève pas moins des questions de fond : jusqu’où un officier de l’état civil peut-il imposer des symboles non prévus par la loi ? La République démocratique du Congo, État laïc, doit-elle mieux encadrer les pratiques coutumières dans les cérémonies officielles ?
Pour l’instant, le couple est officiellement marié. Mais l’affaire restera sans doute dans les mémoires comme un cas emblématique des tensions entre pratiques sociales, religion et droit civil en RDC.
MM
