La décision du ministère de l’Éducation nationale autorisant les jeunes filles enceintes à poursuivre leur scolarité continue de susciter de vives réactions dans l’espace public congolais. L’ancien député national Adam Bombole a vivement critiqué la mesure ce lundi sur le réseau social X, la qualifiant de « décision immorale ».
« Une décision immorale qui encourage la prostitution infantile et la prolifération des filles-mères mineures. Et pourtant, la loi 09/001 du 10 janvier 2009 fixe l’âge du consentement sexuel à 18 ans. Que Dieu guide la République et nous garde », a-t-il écrit dans un message posté le 14 juillet.
Adam Bombole, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2011 et ex-membre influent du MLC de Jean-Pierre Bemba, rentre ainsi en faux contre la circulaire signée le 4 juillet par le Secrétaire général a.i. à l’Éducation nationale, Alexis Yokala Pulinangu, qui interdit désormais toute exclusion scolaire fondée sur une grossesse.
La réaction d’Adam Bombole reflète une frange de l’opinion publique opposée à cette réforme, estimant qu’elle pourrait banaliser les rapports sexuels précoces et affaiblir la discipline scolaire. Certains acteurs politiques et religieux craignent en effet un effet de « normalisation » de la grossesse en milieu scolaire.
Pourtant, le ministère insiste : il ne s’agit en aucun cas de tolérer des actes illégaux, mais de protéger le droit fondamental à l’éducation des jeunes filles, y compris celles qui sont victimes de violences ou de grossesses précoces non consenties. Plusieurs ONG rappellent par ailleurs que l’exclusion scolaire punit souvent les victimes, sans jamais toucher les auteurs de ces grossesses.
Alors que la mise en œuvre de cette circulaire débute dans les établissements à travers le pays, les tensions entre approches conservatrices et inclusives devraient continuer à alimenter le débat public.
MM
