Une vive polémique secoue la toile depuis ce vendredi 4 juillet 2025, après qu’un officier de l’état civil à Lubumbashi a annulé la célébration d’un mariage religieux pour une raison pour le moins inattendue : les époux, membres du mouvement chrétien du Message de William Branham, ont refusé de s’embrasser devant l’assistance, conformément à leurs convictions religieuses.
La scène, filmée et relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une vague d’indignation, mais aussi des réactions contrastées. Tandis que certains internautes estiment que l’officier a bien fait de suspendre la cérémonie, d’autres dénoncent un abus d’autorité et une atteinte à la liberté de conscience et de religion.
Parmi les voix critiques, celle d’Isaac Mukendi, vice-bourgmestre de la commune de Limete, s’est fait remarquer sur X (anciennement Twitter). Dans une publication ce samedi 5 juillet, il a soulevé des interrogations d’ordre juridique :
« Certains commentaires sous ce tweet sont très offusquants. Des voix qui s’élèvent et soutiennent jusqu’à normaliser l’acte qu’un officier de l’état civil se permette d’annuler un mariage pour le fait que ‘les époux ont refusé de s’embrasser ?’ »
S’adressant ensuite directement aux juristes, Mukendi poursuit :
« Aux juristes pleins et non apeupristes :
1. Quelle est la nature juridique d’un baiser en droit congolais ?
2. Le baiser est-il une condition de fond ou de forme pour la célébration d’un mariage devant l’officier de l’état civil, faute de quoi, ce dernier peut être annulé ? »
Selon le Code de la famille congolais, les conditions de validité d’un mariage concernent notamment le consentement libre des deux parties, l’âge légal, la monogamie, et la présence de témoins. Nulle part il n’est fait mention d’un baiser obligatoire comme condition de fond ou de forme. Le geste reste une pratique symbolique d’origine occidentale, intégrée par coutume dans certaines cérémonies modernes, mais non encadrée par la loi.
D’un point de vue juridique, l’annulation du mariage sur base du refus d’un baiser pourrait donc être qualifiée d’abusive, en l’absence de toute disposition légale rendant ce geste obligatoire.
Walim M.
