La décision du président kényan William Ruto de nommer une consul générale à Goma, ville actuellement sous occupation du M23 et de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), suscite une vive controverse en République démocratique du Congo.
Annoncée officiellement dans un communiqué de la présidence kényane le 15 août, cette nomination figure dans une série de réajustements du service diplomatique. Selon Nairobi, elle vise à « optimiser la performance et améliorer la prestation des services » conformément à l’agenda gouvernemental.
Mais à Kinshasa, cette décision est perçue par certains acteurs politiques et de la société civile comme une forme de reconnaissance implicite des autorités rebelles contrôlant Goma depuis plusieurs mois. Des voix s’élèvent pour dénoncer un geste qui, selon elles, fragilise les relations diplomatiques entre les deux pays et pourrait être interprété comme un soutien indirect à un mouvement qualifié de terroriste par le gouvernement congolais.
Les analystes interrogés, notamment Maitre Kabengele, rappellent que la présence diplomatique dans une zone en conflit doit tenir compte du droit international, de la souveraineté territoriale et des risques politiques. En l’absence d’une communication claire entre Nairobi et Kinshasa sur les garanties et objectifs réels de cette mission consulaire, le climat de méfiance pourrait s’aggraver.
Cette nomination renforcera-t-elle la coopération régionale ou ouvrira-t-elle un nouveau chapitre de tensions diplomatiques entre la RDC et le Kenya ?
Walim M.
