Dans les discussions de rue, sur les réseaux sociaux ou dans les universités, les jeunes congolais n’hésitent pas à comparer Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, deux figures majeures de la vie politique récente du pays. Le premier, président de 2001 à 2019, fait l’objet d’un procès retentissant à la Haute Cour militaire. Le second, à la tête de l’État depuis 2019, incarne pour certains l’espoir d’un changement, mais suscite aussi des critiques.
Un homme au bilan compliqué
Pour beaucoup de jeunes, Joseph Kabila reste associé à une période longue et marquée par des conflits à l’Est, la corruption et des promesses de développement non tenues. « Kabila a eu le temps, mais il a laissé trop de problèmes derrière lui », explique Junior, étudiant à Kinshasa. Même si certaines langues l’accusent d’avoir tourné le dos à son prédécesseur et a donné son go pour qu’il soit jugé à la Haute cour militaire.
Certains rappellent cependant que sous son mandat, le pays a connu une certaine stabilité après la guerre de 1998 et un retour progressif sur la scène internationale et aussi la première alternance pacifique au sommet de l’État en 2018.
Le successeur de Kabila
À propos de Félix Tshisekedi, les avis sont partagés. Ses partisans saluent les réformes sociales, la gratuité de l’enseignement primaire et une ouverture démocratique. « Avec Félix, on sent au moins une volonté d’écouter la jeunesse », confie Grâce, jeune entrepreneuse. Mais d’autres dénoncent le chômage persistant, le coût de la vie élevé et l’insécurité à l’Est qui reste une plaie ouverte. « On a cru au changement, mais la réalité est dure », résume Patrick, motard à Kintambo.
Entre déception, espoir et critiques, les jeunes oscillent entre le rejet du passé et l’impatience face au présent. Ce regard générationnel illustre un enjeu majeur : la soif d’une gouvernance capable d’apporter des réponses concrètes aux aspirations de la jeunesse, qui représente plus de 60 % de la population congolaise.
MM
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