La Haute cour militaire reprend ce jeudi l’examen du dossier explosif visant l’ancien président Joseph Kabila, dans un climat politico-judiciaire particulièrement tendu. Une mise en place sécuritaire renforcée est actuellement observée autour du siège de la juridiction militaire, où se tient l’audience.
Le procès, inédit dans l’histoire de la République démocratique du Congo, oppose l’État congolais à son ancien chef, accusé de s’être illégalement enrichi pendant ses années au pouvoir.
Selon l’acte d’accusation, Joseph Kabila aurait constitué un réseau opaque de sociétés écrans et de prête-noms pour détourner des milliards de dollars issus des ressources minières, des revenus douaniers et des fonds publics.
Il lui est également reproché d’avoir mis en place un système parallèle de gestion de l’État, échappant au contrôle des institutions officielles. Parmi les éléments clés retenus par l’accusation : la possession présumée de plus de 70 sociétés à caractère privé, enregistrées sous des noms proches de son entourage familial ; l’acquisition illégale de concessions minières, parfois attribuées sans appel d’offre ; l’utilisation de fonds publics pour financer des biens privés à l’étranger, notamment en Afrique australe et au Moyen-Orient ; des transactions financières suspectes entre la Banque centrale du Congo et des comptes privés contrôlés depuis la Présidence.
La défense de Joseph Kabila dénonce un procès à caractère politique, sans base juridique solide, et exige des garanties de transparence. Ses avocats accusent le pouvoir en place d’instrumentaliser la justice pour écarter définitivement leur client de la scène politique.
MM
