À Kinshasa, une séquence diffusée récemment sur la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC) place le journaliste Yves Abdallah Makanga sous le feu des critiques. En cause : des déclarations jugées haineuses visant Corneille Nangaa et des membres de sa famille, largement relayées et commentées sur les réseaux sociaux.
Lors d’une intervention à l’antenne de la télévision publique, Yves Abdallah Makanga a appelé des Congolais vivant au Canada à prendre pour cible les enfants de Corneille Nangaa. « Je demande aux Congolais qui sont au Canada, une fois qu’ils tombent sur les enfants de Corneille Nangaa, qu’ils s’occupent d’elles », a-t-il déclaré. Des propos qui ont rapidement suscité une vague d’indignation en ligne.
Le journaliste a ensuite cherché à justifier sa sortie en affirmant s’exprimer en tant que citoyen et non comme responsable politique. « Contrairement à Patrick Muyaya, je ne suis pas ministre, je suis un citoyen lambda et je parle au nom de 120 millions de Congolais », a-t-il ajouté, une affirmation également contestée par plusieurs internautes et observateurs des médias.
Cette polémique survient dans un contexte déjà tendu, quelques jours après les déclarations controversées du porte-parole des Forces armées de la RDC, le général Sylvain Ekenge, sur les Tutsi, propos qui avaient conduit à sa suspension. Le parallèle entre les deux affaires alimente le débat sur la responsabilité de la parole publique, en particulier sur les antennes de médias d’État.
Les réactions dépassent le cadre national. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a publiquement réagi, dénonçant des propos qu’il juge dangereux. De son côté, la RTNC ne s’est pas encore officiellement exprimée sur cette séquence, tandis que les appels se multiplient pour une clarification institutionnelle et un rappel des règles encadrant l’exercice du journalisme sur les médias publics.
MM
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