Un vif échange et houleux oppose depuis quelques jours Thomas Luhaka, cadre du Front Commun pour le Congo (FCC) et ancien ministre des Infrastructures sous Joseph Kabila, à plusieurs responsables de l’UDPS, parti au pouvoir. Le différend fait suite à la publication d’une lettre ouverte adressée par Thomas Luhaka à la ministre des Affaires étrangères, dans laquelle il critique fermement l’accord signé entre la RDC et le Rwanda.
Dans ce document, l’ancien ministre appelle notamment au retrait immédiat et sans condition de l’armée rwandaise du territoire congolais, se référant à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Il y exprime également des inquiétudes quant à l’implication du Rwanda dans l’Est du pays.
La réponse ne s’est pas fait attendre. Lors d’une matinée politique tenue dimanche 6 juillet avec la base de l’UDPS, le secrétaire général du parti, Augustin Kabuya, a vivement réagi aux propos de Thomas Luhaka.
Mwana Bute, tels que surnommé par ses partisans à déclare : « Personne au sein du FCC n’a déjà parlé en bien du chef de l’État. Thomas Luhaka est le beau-fils de maman Sifa Kabila, que peut-il dire de bon du régime de Tshisekedi ? ».
Cette déclaration, jugée moqueuse et inappropriée par plusieurs internautes, fait allusion aux liens familiaux supposés entre Thomas Luhaka et l’ancien président Joseph Kabila, insinuant un parti pris systématique contre le régime actuel.
Face à cette sortie, Thomas Luhaka a réagi à chaud via les réseaux sociaux ce lundi, s’interrogeant sur la cohérence des réactions de l’UDPS : « Aidez-moi à comprendre s’il vous plaît !
1. L’UDPS est contre l’agression rwandaise ;
2. Thomas Luhaka demande, dans sa lettre ouverte, le retrait immédiat et sans conditions de l’armée rwandaise du Congo (Résolution 2773) ;
3. Augustin Kabuya et plusieurs cadres de l’UDPS insultent Thomas Luhaka ! »
Ces tensions peuvent renvoyer à une fracture persistante entre l’opposition issue du FCC et le pouvoir en place. Elles montrent aussi la sensibilité politique autour du sujet de l’accord RDC-Rwanda, dans un contexte de crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays.
Jusqu’à présent, ni la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, destinataire de la lettre ouverte, ni la présidence congolaise ne se sont exprimées publiquement sur cette polémique.

Pendant ce temps, la scène politique congolaise s’en retrouve une fois de plus divisée, alors que la population attend des réponses concrètes sur la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
L’accord signé entre la RDC et le Rwanda depuis le 27 juin dernier a Washington est loin de faire l’unanimité au sein de l’opinion congolaise. Du côté du Rwanda, Paul Kagame aussi continue de tirer sur son homologue congolais. Les prochains jours seront sans doute décisifs.
MM
