La décision du gouverneur Paulin Lendongolia de financer deux concerts de l’artiste Rebo Tchulo à Kisangani avec plus de 50 000 dollars des caisses provinciales continue de faire grincer les dents.
Le mouvement citoyen LUCHA crie au scandale. Dans une lettre adressée au bureau de l’Assemblée provinciale, il parle d’une « dissipation des fonds » pour une activité « récréative et jouissive » alors que, dans la Tshopo, les routes agricoles s’effondrent, l’eau potable manque, l’électricité se fait rare et l’insécurité urbaine coûte chaque jour des vies.
« Comment comprendre qu’on débloque une telle somme pour deux soirées de musique alors que des policiers n’ont pas de carburant pour patrouiller et que des familles entières sont privées de services sociaux de base ? », s’indigne un militant rencontré à Kisangani.
Selon les dénonciateurs, le cachet de l’artiste approcherait les 150 millions de francs congolais, une dépense qui n’apparaissait pas dans le budget voté par l’Assemblée provinciale. LUCHA demande une enquête parlementaire et des sanctions politiques contre ce qu’elle qualifie de « dilapidation des fonds publics ».
Le gouvernement provincial, lui, reste silencieux. Mais une chose est sûre : l’affaire place l’Assemblée provinciale devant un dilemme. Saisira-t-elle cette affaire pour sévir contre ce qu’on appelle déjà ici le « scandale Rebo Tchulo » ? Ou laissera-t-elle la musique couvrir les cris d’une population exaspérée ?
MM
