Le Rwanda exerce un commandement direct sur les rebelles du M23 et a joué un rôle clé dans leur avancée dans l’est de la République démocratique du Congo, selon un rapport confidentiel des Nations unies consulté par la BBC. Ce document révèle une implication militaire active de Kigali, avec pour objectif non seulement un gain politique, mais aussi l’accès aux zones riches en minerais stratégiques.
D’après le rapport, remis au comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU début mai, les experts affirment que le Rwanda a fourni une formation militaire, des équipements sophistiqués, et même des systèmes technologiques de pointe capables de neutraliser des appareils aériens, ce qui a offert au M23 un avantage tactique déterminant face à l’armée congolaise.
Le Rwanda continue de nier tout soutien au M23, affirmant que ses forces n’agissent qu’en autodéfense contre les milices hutu actives dans l’est de la RDC, notamment les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), considérées comme responsables du génocide de 1994. Toutefois, le rapport de l’ONU remet en cause cette justification.
Selon les experts onusiens cités par la BBC, “le soutien militaire du Rwanda au M23 n’est pas principalement motivé par la menace des FDLR”, mais plutôt par une stratégie délibérée de “conquête de territoires supplémentaires”. Ces zones contiennent d’importantes ressources naturelles, notamment du coltan, du cuivre, du cobalt, du lithium et de l’or.
Goma et Bukavu tombées en janvier et février
Le rapport souligne que le M23 a pris le contrôle de Goma et Bukavu, les deux plus grandes villes de l’est congolais, au cours des mois de janvier et février 2025. Ces prises ont renforcé l’influence militaire et politique du groupe dans la région, créant une pression accrue sur Kinshasa.
Washington tente une médiation stratégique
Dans un contexte de fortes tensions, l’administration de l’ancien président américain Donald Trump, qui joue un rôle de médiation entre la RDC et le Rwanda, tente de faire appliquer cet accord de paix qui pourrait ouvrir la voie à des milliards de dollars d’investissements occidentaux dans cette région stratégique des Grands Lacs.
Malgré la médiation en cours, le silence de Kigali face à ces nouvelles accusations laisse planer le doute sur la réelle volonté des acteurs impliqués d’aboutir à une solution durable. Le rapport de l’ONU devrait être publié officiellement dans les prochains jours, et risque d’intensifier les appels à des sanctions internationales contre le régime de Paul Kagame.
MM
