À Luilu, ce n’est pas le sable du Sahara ni les dunes d’Atacama. C’est de la poussière, brute, rouge, tenace. Celle qui colle aux visages, aux cheveux et aux poumons. Et parce qu’on ne peut pas respirer sans en rire, les habitants en ont fait un challenge : #VisitLuilu.
Sur Facebook et TikTok, les images défilent : jeunes en chemise blanche devenue orange, femmes en pagne couvertes de fine poudre, selfies où l’on devine à peine les sourires derrière le voile poussiéreux. Ici, on ne filtre pas la misère, on la retourne en dérision.

Le message est clair : « Venez visiter notre désert ». Entre deux punchlines, la rue parle plus fort que les discours officiels. Les flaques d’eau se confondent avec des cratères, les trottoirs sont devenus mythiques, on en parle comme des légendes urbaines et l’État ? Absent, comme d’habitude.
« Visit Luilu » n’est pas un simple buzz. C’est une exposition à ciel ouvert, une provocation douce-amère. La preuve que l’humour est parfois le dernier refuge face à l’indifférence.

En septembre, certains promettent déjà d’aller poser devant ces décors lunaires. Mais pour l’instant, silence radio du côté de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka.
À Kolwezi, la poussière est partout. Mais désormais, elle a trouvé son hashtag.
Walim M.
