Le terme « Niangalakata », largement utilisé dans le langage populaire congolais pour désigner une personne convoquée au tribunal ou perçue comme délinquant, tire son origine d’une histoire méconnue liée au Tribunal de Niangara, situé dans le territoire du même nom, au nord-est de la République démocratique du Congo, selon des informations recueillies auprès de l’Institut des musées nationaux.
Le Tribunal de Niangara occupe une place particulière dans l’héritage administratif de la province du Haut-Uele. Durant la période coloniale belge, cette localité constituait un maillon important de l’organisation territoriale, avec un Administrateur Territorial chargé d’exercer l’autorité judiciaire au nom de l’État colonial au sein de l’ancienne Province Orientale.
Selon les archives consultées, les militaires belges déployés dans la région éprouvaient des difficultés à articuler correctement le nom « Niangara ». Leur prononciation se rapprochait plutôt de « Niangala », une déformation linguistique qui a fini par s’imposer dans l’usage courant. Les populations locales, entendant cette variante répétée, l’ont progressivement intégrée dans leur vocabulaire pour désigner la juridiction où comparaissaient les prévenus.
De cette déformation est ensuite né le mot « Niangalakata ». Le terme associe :
– « Niangala », la prononciation altérée de Niangara ;
– « kata », qui signifie « couper, trancher, décider » en swahili.
Au sens littéral, « Niangalakata » désigne donc « celui dont l’affaire sera tranchée à Niangara ». Par extension, le mot est devenu un qualificatif populaire pour désigner toute personne soupçonnée de faute et susceptible de se présenter devant la justice.
Ce terme, toujours utilisé aujourd’hui dans différentes régions du pays, témoigne d’un héritage linguistique né d’un contact colonial et transformé par l’usage populaire au fil du temps.
Walim M.
