C’est une affaire qui mêle foi, musique, politique et sécurité nationale. L’artiste gospel congolais Franck Mulaja, chantre bien connu pour ses cantiques chrétiennes, serait activement recherché par les services de renseignement congolais pour ses liens présumés avec l’opposant Franck Diongo, récemment accusé de connivence avec les rebelles du M23/AFC.
Ce développement inattendu jette un froid dans les milieux religieux et culturels, où Franck Mulaja était jusqu’ici perçu comme un symbole de paix, de foi et d’engagement civique.
Franck Mulaja n’est pas un artiste comme les autres. Ancien membre du groupe Adorons l’Éternel (GAEL), puis chantre solo et conseiller culturel à la Présidence sous le régime Tshisekedi, il a su se forger une image publique puissante et influente, mêlant ferveur religieuse et patriotisme assumé.
Mais selon plusieurs sources proches des milieux sécuritaires, cette figure respectée de la musique chrétienne serait aujourd’hui soupçonnée d’avoir servi de pont discret entre certains milieux politiques de l’opposition et les mouvements rebelles opérant à l’Est du pays, notamment le groupe AFC/M23, qui mène une guerre acharnée contre les FARDC (Forces armées de la RDC) dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
L’un des éléments les plus troublants dans ce dossier concerne la relation personnelle et politique entre Franck Mulaja et Franck Diongo, leader du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP). Longtemps compagnon de route dans les cercles patriotiques et les milieux protestants de Kinshasa, les deux hommes auraient, selon les services de renseignement, continué à entretenir des contacts réguliers en dépit du recentrage politique du chantre autour du régime Tshisekedi.
MM
