L’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo a contesté publiquement la procédure judiciaire ayant conduit à sa condamnation en 2025, évoquant une justice influencée par des considérations tribalo-ethniques. Il s’est exprimé mardi sur TV5 Monde, dans l’émission Journal Afrique, plusieurs mois après le verdict rendu dans le dossier du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo.
Au cours de cet entretien, l’ex-chef du gouvernement a affirmé que les magistrats ayant connu de son dossier appartiendraient à la même aire socioculturelle que le président de la République.
« Imaginez-vous que je n’ai été jugé que par des gens qui appartiennent à une tribu du président de la République. Le premier juge était du Kasaï-, le deuxième du Kasaï, et le juge de la Cour de cassation où le dossier avait été transféré était également du Kasaï- », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Dans un pays qui compte plus de 450 tribus, ce type de jugement pose un problème sérieux d’impartialité ».
La Cour constitutionnelle avait condamné Augustin Matata Ponyo en mai 2025, à dix ans de travaux forcés, assortis d’une inéligibilité de cinq ans. La juridiction avait également ordonné son arrestation immédiate ainsi que la saisie de ses biens meubles et immeubles, à hauteur des sommes jugées détournées.
Selon l’arrêt rendu, l’ancien Premier ministre, en fonction entre 2012 et 2016 sous la présidence de Joseph Kabila, a été reconnu coupable du détournement de 156 849 413 dollars américains, conjointement avec l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo, des fonds destinés au développement du projet agro-industriel de Bukanga Lonzo, situé à l’est de Kinshasa.
La décision judiciaire fait également état d’un montant de 89 millions de dollars américains, lié à des opérations impliquant un ressortissant sud-africain, identifié comme Globler.
Député national au moment de l’ouverture de la procédure, Augustin Matata Ponyo rejette la légitimité du verdict et qualifie cette décision de « jugement tribalo-ethnique ». À ce stade, aucune réaction officielle des autorités judiciaires ou de la présidence de la République n’a été enregistrée à la suite de ces déclarations.
MM
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